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La manche et le cœur dans Troïlus et Cressida de Shakespeare
Dans Troïlus et Cressida (1602), les deux protagonistes échangent leurs faveurs, une manche et un gant, selon un des topoï de l’amour courtois. Après avoir été vendue aux Grecs, Cressida donne la manche de Troïlus à Diomède, avant de chercher à la lui reprendre. La manche devient la métonymie du cœu...
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Published in: | Apparence(s) 2018-12 (8) |
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Main Author: | |
Format: | Article |
Language: | fre |
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Summary: | Dans Troïlus et Cressida (1602), les deux protagonistes échangent leurs faveurs, une manche et un gant, selon un des topoï de l’amour courtois. Après avoir été vendue aux Grecs, Cressida donne la manche de Troïlus à Diomède, avant de chercher à la lui reprendre. La manche devient la métonymie du cœur de Cressida et de celui de Troïlus, qui s’engage dans un combat avec Diomède pour la reprendre. La dialectique entre intérieur et extérieur est détournée lorsque Diomède porte la manche sur son heaume au combat, faisant d’elle un pur ornement qui devient le symbole d’une Cressida aliénée. À mesure qu’elle change de mains, la manche perd de son sens et Cressida de son être, s’effaçant progressivement de la pièce pour ne plus exister que dans les propos qui sont tenus sur elle par les guerriers. Dans cette pièce qui interroge la valeur des choses et des personnes, la manche passe de gage d’amour à monnaie d’échange, privilégiant l’objet lui-même à sa valeur symbolique. |
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ISSN: | 1954-3778 |
DOI: | 10.4000/apparences.1837 |